Embellissement du territoire

Patrimoine

Un paysage urbain unique qui nous distingue

Reconnue pour le caractère verdoyant de ses rues et pour ses arbres matures, la ville de Saint-Lambert affiche un paysage urbain qui se distingue, résultat d’une longue tradition d’embellissement.

Les traditions d’embellissement à Saint-Lambert

Au moment de son incorporation en municipalité, en 1857, le paysage de Saint-Lambert est encore marqué par son caractère rural. Malgré le fait que seuls 21 % des travailleurs œuvrent toujours dans le domaine de l’agriculture en 1861, la superficie du territoire lambertois consacrée à l’agriculture est encore élevée.

Puis, à partir des années 1870, mais surtout 1880, suivant la mise en place du service de trains de banlieue, la municipalité voit sa population changer graduellement. Ces changements sont visibles notamment par la transition qui s’opère dans les groupes de métiers. Alors que la proportion d’employés non qualifiés et de cultivateurs baisse, celle des cols blancs, des employés qualifiés et des commerçants augmente. Ainsi, au moment où le paysage rural se transforme lentement et où le caractère villageois se précise, les sensibilités à l’égard de l’importance de la qualité du cadre de vie s'accroissent.

Suivant l’évolution de ces sensibilités, le conseil municipal entreprend, au cours de la période entre 1880 et 1890, la mise en place de mesures générales d’embellissement de la ville. Celle-ci est alors déjà reconnue pour ses qualités hygiéniques, notamment en raison de la présence du fleuve. On parle à l’époque même des vertus curatives du St Lambert air.

Cette volonté d’embellissement se traduit par différentes actions forgeant, dans une certaine mesure, l’identité de Saint-Lambert. Par exemple, en 1882, des règlements municipaux sont adoptés afin d’obliger les propriétaires, dont les maisons sont construites le long d’un chemin municipal, à planter des arbres en bordure des trottoirs longeant leur propriété et à installer des clôtures en pierre, en brique ou en bois afin de délimiter leur terrain et de bien marquer le caractère urbain de la municipalité. Ces éléments contribuent à renforcer le caractère aménagé et structuré du paysage de Saint-Lambert.

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La St.Lambert Horticultural Society se joint au mouvement d’embellissement 

La municipalité n’est cependant pas la seule entité à entreprendre et proposer des mesures d’embellissement. En effet, la société civile joue aussi un rôle important. La fondation de la St.Lambert Horticultural Society en 1894 et son rayonnement peuvent en  témoigner. Cette organisation fait d’ailleurs parvenir au conseil municipal en 1896 une lettre recommandant à la municipalité d’adopter un règlement encadrant et encourageant la plantation d’arbres par les citoyens, notamment par la mise en place de récompenses à tout citoyen, propriétaire ou locataire, qui plante des arbres. Les sortes d’arbres sont aussi suggérées par la Société d’horticulture qui identifie des essences nobles, intéressantes à planter pour agrémenter le paysage de Saint-Lambert et favoriser la diversité végétale.

Enfin, en plus de la municipalité et de la société civile, les promoteurs immobiliers auront aussi un rôle dans la qualité et la nature des aménagements qui caractérisent le paysage distinctif de Saint-Lambert d’aujourd’hui : des rues larges et aérées, parfois munies de terre-pleins plantés ou bordées d’arbres matures, une canopée considérable autant sur les domaines privés et publics, des aménagements soignés dans les parcs et les espaces publics, plusieurs arbres d’intérêt, etc. Parmi les promoteurs les plus notables, mentionnons le cas de la Victoria Park Development Company. On parlera lors de la construction du secteur de Victoria Park comme d’un second Westmount, en citant notamment la qualité de son air pur attribuable à sa proximité avec le fleuve.

Les différentes administrations municipales qui se succéderont au 20e siècle, combinées à l’implication de la St. Lambert Horticultural Society, assureront le maintien de cette tradition, par la réalisation de différents aménagements et plantations.

Bibliographie

  • Corbeil, Thérèse. Saint-Lambert : le développement hâtif d’une banlieue résidentielle (1852-1913), Mémoire de maîtrise en histoire, UQAM, décembre 2004.
  • Société d’histoire Mouillepied, sous la direction de Chartrand Copti, Huguette, 2007. Saint-Lambert au fil des ans/Saint-Lambert through the years/1857-2007. Société d’histoire Mouillepied, Saint-Lambert.
  • Entretien avec Monette Saint-Jacques, 6 décembre 2016. Procès verbaux du conseil municipal de Saint-Lambert du 3 avril 1882 et du 4 mai 1896.